Article évaluation entreprise - Revue de presse #10
Comment évaluer une entreprise non rentable ?
L’évaluation d’une entreprise par les flux de trésorerie actualisés (DCF) consiste à estimer les flux de trésorerie (cash-flows) futurs puis de les actualiser à un taux correspondant au niveau de risque de l’entreprise.
Or, il est difficile d’appliquer cette méthode lorsque l’entreprise n’a pas produit de flux de trésorerie au cours de la période récente. En effet, l’actualisation de flux négatifs pose alors un problème dans la mesure où il est habituellement considéré que les résultats passés d’une entreprise préfigurent ses résultats futurs, hormis pour les start up.
Afin d’évaluer la société, il convient au préalable de comprendre les origines du problème, de définir un « mode de traitement » et d’estimer la durée nécessaire pour que ce traitement porte ses effets. Les difficultés les plus fréquemment rencontrées sont les zones de perte non identifiées et la mise en œuvre de méthodes inadaptées provoquant des défaillances de process de pilotage. Il est donc nécessaire pour l’évaluateur d’avoir accès aux informations internes et de disposer de techniques permettant de surmontant ces défaillances. Afin de conduire une évaluation, quatre éléments principaux sont ainsi à produire :
Les mesures d’amélioration des performances ;
Le délai de mise en œuvre ;
La consommation de trésorerie pendant la période de retournement ;
Le niveau possible de rentabilité qui serait atteint au terme de la période de retournement.
Cette partie de l’analyse implique des travaux complémentaires, autre que l’extrapolation des résultats passés qui est généralement utilisée dans les DCF. Le tableau de flux comprend toujours une période de cash-flow négatifs et une période de cash-flow positifs.
S’agissant du taux d’actualisation, les principes suivants sont appliqués :
Les flux négatifs de la première période ne sont pas actualisés ;
Les flux positifs de la seconde période sont actualisés à des taux qui se situent généralement entre 20% et 30%, traduisant le niveau de risque élevé de ce type d’opérations.
Par ailleurs, le passage de la valeur d’entreprise à la valeur des actions s’effectue par la prise en compte des liquidités disponibles et de la dette financière.
La particularité de ce type d’entreprise est que le traitement doit être engagé alors qu’il existe encore suffisamment de réserves financières ou que des actionnaires, anciens ou nouveaux, apportent dans la période de retournement les liquidités nécessaires au fonctionnement de la société.
Source : « Evaluer une entreprise non rentable », CCEF, Bonnes feuilles n°35, août 2021